Comme le constate Libération dans un article, beaucoup d'effondrements de ponts aux Etats-Unis. Deux sont particulièrement spectaculaires (et sans victimes humaines). Les ingénieurs US font-ils des stages à Montréal ?
Lampasas, Texas, 2013. Le pont de chemin de fer, en bois, prend feu. Intervention impossible pour les pompiers. Résultat (au ralenti et en vitesse réelle) :
Tacoma, Etat de Washington, 1940. Le Tacoma Narrow Bridge est inauguré le 1er juillet. C'est le troisième plus long pont à suspension du monde. Pendant sa construction, les embardées du tablier lui ont valu le surnom de "Gallopi'n Gertie". Toutes les tentatives de remédier au problème se révélèrent infructueuses. Quatre mois plus tard, le 7 novembre, entre 60 et 70 km/h de vent. Le pont commence à osciller d'un mètre. Le trafic est interrompu. Puis le tablier commence à se tordre jusqu'à atteindre une amplitude de 9 mètres et un angle de 45°. Une heure plus tard, 200 mètres de pont sont au fond de l'eau. L'explication physique, faisant intervenir le couplage aéroélastique, est accessible ici et permet de couper le cou à cette insupportable rumeur d'entrée en résonance. Un tel phénomène n'était connu que sur les ailes d'avions. Cet accident permit de remettre en cause fondamentalement la conception des ponts suspendus.
Sur la vidéo vous remarquerez l'homme à la pipe. F.B. Farquharson est ingénieur, chargé de suivre l'évolution de la gigue du pont ce matin là. S'il a assisté impuissant à la destruction de l'ouvrage, il a au moins tenté de sauver un chien enfermé dans une voiture abandonnée. Il a rejoint le véhicule, ouvert la porte, et proposé à l'animal de le suivre. Lequel, paniqué, a fait le choix de rester en terrain connu. Il y gagna d'être la seule victime de l'effondrement.
Version avec commentaires de l'époque :
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dimanche 26 mai 2013
dimanche 23 octobre 2011
Histoires de mammifères
Les mammifères ont deux techniques pour amener à maturité (relative) leurs embryons : une courte période en dedans et la suite dans la poche marsupiale ou à l’humaine à la nage dans l’utérus.
Des travaux scientifiques rapportés sur le blogue Big Browser (Marc Lynch, Université de Yale, publiés dans Nature Genetics) concluent à la possibilité que la capacité d’avoir des grossesses placentaires serait en partie liée à une infection virale qui aurait modifié l’ADN.
L’étude porte sur la comparaison génétique de trois espèces : l’opossum, le tatou et l’humain. L’oppossum, marsupial, « se rend à peine compte de sa grossesse ». En revanche le tatou et l’humain partagent des modifications hormonales et immunitaires du même ordre. Or celles-ci sont dues à des séquences d’ADN appelées « transposons » que l’on retrouve dans les deux espèces à grossesses placentaires et non chez le marsupial. Cet ADN « déviant se serait incrusté en nous par une infection. (…) il existe au moins un exemple de parasites sanguins capables d’insérer des transposons dans les animaux qu’ils colonisent ». On retrouve aussi les transposons dans certaines formes d’hémophilies. Il vient modifier l’ADN du facteur VIII dont le déficit de production altère les possibilités de coagulation sanguine (merci wikipedia).
Autre découverte pour moi cette semaine, entendu dans l’émission « Continent Science ». Les pigeons produisent du lait. Je savais pour les manchots empereurs, mais les pigeons ! Les flamants aussi d’ailleurs. La production se fait dans le jabot. Je cite Wikipedia : « Les cellules épithéliales du jabot forment une mince couche d'une dizaine de cellules d'épaisseurs produites par la couche de base. À mesure que les cellules sont produites et s'éloignent de la couche de base vers le lumen, elles subissent une transformation qui devient le lait de jabot. Stimulé par la prolactine, ces cellules accumulent une grande quantité de lipides et de protéines. La prolactine provoque aussi la mue de cette masse cellulaire qui a alors une texture de fromage ».
Contrairement au lait des mammifères, ce lait ne contient aucun glucide et est composé de 72% à 75% d’eau contre 92% pour le lait de vache. Les petits sont nourris par régurgitation.
L’histoire est intéressante du point de vue de l’évolution. Il s’agit d’un cas d’analogie : même fonction développée dans deux espèces « en parallèle », en utilisant deux technologies différentes. Le lait de jabot donne aussi un avantage adaptatif aux pigeons puisqu’il permet une croissance rapide des pigeonneaux dans les premiers jours, donc des meilleures chances de survie. Cela contribuerait à expliquer le succès de ces bestioles que l’on retrouve partout.
Et puis question finale : imaginons que nous puissions fabriquer un bébé fonctionnel sur une imprimante 3D. Le transfert à haut début de l'information nécessaire pour coder son impression, prendrait-elle plus ou moins de neuf mois.
Des travaux scientifiques rapportés sur le blogue Big Browser (Marc Lynch, Université de Yale, publiés dans Nature Genetics) concluent à la possibilité que la capacité d’avoir des grossesses placentaires serait en partie liée à une infection virale qui aurait modifié l’ADN.
L’étude porte sur la comparaison génétique de trois espèces : l’opossum, le tatou et l’humain. L’oppossum, marsupial, « se rend à peine compte de sa grossesse ». En revanche le tatou et l’humain partagent des modifications hormonales et immunitaires du même ordre. Or celles-ci sont dues à des séquences d’ADN appelées « transposons » que l’on retrouve dans les deux espèces à grossesses placentaires et non chez le marsupial. Cet ADN « déviant se serait incrusté en nous par une infection. (…) il existe au moins un exemple de parasites sanguins capables d’insérer des transposons dans les animaux qu’ils colonisent ». On retrouve aussi les transposons dans certaines formes d’hémophilies. Il vient modifier l’ADN du facteur VIII dont le déficit de production altère les possibilités de coagulation sanguine (merci wikipedia).
Autre découverte pour moi cette semaine, entendu dans l’émission « Continent Science ». Les pigeons produisent du lait. Je savais pour les manchots empereurs, mais les pigeons ! Les flamants aussi d’ailleurs. La production se fait dans le jabot. Je cite Wikipedia : « Les cellules épithéliales du jabot forment une mince couche d'une dizaine de cellules d'épaisseurs produites par la couche de base. À mesure que les cellules sont produites et s'éloignent de la couche de base vers le lumen, elles subissent une transformation qui devient le lait de jabot. Stimulé par la prolactine, ces cellules accumulent une grande quantité de lipides et de protéines. La prolactine provoque aussi la mue de cette masse cellulaire qui a alors une texture de fromage ».
Contrairement au lait des mammifères, ce lait ne contient aucun glucide et est composé de 72% à 75% d’eau contre 92% pour le lait de vache. Les petits sont nourris par régurgitation.
L’histoire est intéressante du point de vue de l’évolution. Il s’agit d’un cas d’analogie : même fonction développée dans deux espèces « en parallèle », en utilisant deux technologies différentes. Le lait de jabot donne aussi un avantage adaptatif aux pigeons puisqu’il permet une croissance rapide des pigeonneaux dans les premiers jours, donc des meilleures chances de survie. Cela contribuerait à expliquer le succès de ces bestioles que l’on retrouve partout.
Et puis question finale : imaginons que nous puissions fabriquer un bébé fonctionnel sur une imprimante 3D. Le transfert à haut début de l'information nécessaire pour coder son impression, prendrait-elle plus ou moins de neuf mois.
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jeudi 11 août 2011
Sperkenstein
Mitinori Saitou et son équipe ont réussi l'exploit de créer des spermatozoïdes à partir de cellules souches. Plusieurs étapes :
1. créer des cellules germinales primordiales (les CGP sont des cellules à l'origine des spermatozoïdes et des ovules) à partir de cellules souches.
2. Réinjecter les CGP dans les testicules d'animaux stériles.
3. Récupérer le sperme ainsi créer pour procéder à une fécondation in vitro.
Des souriceaux fertiles sont nés. Ils sont en photo ci-dessous.
Selon Gabriel Livera, directeur du laboratoire de développement des gonades du Commissariat à l'énergie atomique, il s'agit «d'une percée majeure dans le domaine de la biologie de la reproduction». Au final, ce qui m'impressionne le plus c'est le titre de ce Gabriel Livera.
Question :
L'année dernière : reproduction de souris à partir de deux ovules. Cette année : création de spermatozoïdes de souris artificiels. Mais quelle est l'ambition machiavélique derrière cette volonté d'investir des millions pour assurer une reproduction des souris. Les scientifiques ont-ils vu la "planète des singes" ?
1. créer des cellules germinales primordiales (les CGP sont des cellules à l'origine des spermatozoïdes et des ovules) à partir de cellules souches.
2. Réinjecter les CGP dans les testicules d'animaux stériles.
3. Récupérer le sperme ainsi créer pour procéder à une fécondation in vitro.
Des souriceaux fertiles sont nés. Ils sont en photo ci-dessous.
Selon Gabriel Livera, directeur du laboratoire de développement des gonades du Commissariat à l'énergie atomique, il s'agit «d'une percée majeure dans le domaine de la biologie de la reproduction». Au final, ce qui m'impressionne le plus c'est le titre de ce Gabriel Livera.
Question :
L'année dernière : reproduction de souris à partir de deux ovules. Cette année : création de spermatozoïdes de souris artificiels. Mais quelle est l'ambition machiavélique derrière cette volonté d'investir des millions pour assurer une reproduction des souris. Les scientifiques ont-ils vu la "planète des singes" ?
dimanche 19 juin 2011
Des legos ça compute comme du silice
Andrew Carol est ingénieur chez Apple, et génie du Lego.
A l’aide de 2000 pièces : briques jaunes, grises ou rouges et engrenages de diverses tailles, il a fabriqué un « ordinateur » mécanique imaginé en 1820 par Charles Babbage. (qui ne le construisit jamais). L’ordinateur peut calculer des équations du type : ax2 + bx + c.
1500 pièces, 110 roues, l’homme a aussi recréé une machine construite par les savants grecs du premier siècle avant JC qui prédisait avec précision les positions astronomiques.
(Source : Wired, june 2011)
A l’aide de 2000 pièces : briques jaunes, grises ou rouges et engrenages de diverses tailles, il a fabriqué un « ordinateur » mécanique imaginé en 1820 par Charles Babbage. (qui ne le construisit jamais). L’ordinateur peut calculer des équations du type : ax2 + bx + c.
1500 pièces, 110 roues, l’homme a aussi recréé une machine construite par les savants grecs du premier siècle avant JC qui prédisait avec précision les positions astronomiques.
The Antikythera Mechanism in Lego from Small Mammal on Vimeo.
(Source : Wired, june 2011)
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lundi 16 mai 2011
Stock de grains
Je connaissais l'effort des Mormons pour recenser l'ensemble des personnes ayant vécu sur Terre, celui de Google pour tout numériser. Je viens de découvrir le grainetier du Global Crops Diversity Trust à Svalbard dans lequel seront stockées à -18°C des échantillons de toutes les graines ou semences identifiées ou produites autour du globe. Identifiées cela signifie dans la nature, produites cela signifiée par le génie génétique des grandes compagnies comme Monsanto.
L'objectif : protéger la biodiversité de la planète en un lieu retiré et protégé. Le GCDT est financé par les Nations Unies, la Banque Mondiale et le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale.
Le lieu est une cave couloir de 100 mètres de long, à 120 mètres de profondeur dans les montagnes du Spitzberg : moins -5°C en moyenne annuelle, 2500 habitants, 3000 ours.
Potentiel : 4,5 millions d'échantillons, le double d'espèces connues actuellement. Au printemps 2011, plus de 645 000 échantillons étaient déposés par presque tous les pays de la planète.
Question : combien de temps peut tenir une graine ? Tous les cinq au cours des cent prochaines années des prélèvements permettront de voir si les graines germent.
Les graines sont déposées par les Etats, propriétaire des droits sur les gènes des essences naturelles ou les compagnies qui détiennent les droits sur les graines modifiées. Ainsi dans le cadre de la convention sur la biodiversité, si l'on veut exploiter des végétaux commercialement, on doit payer des droits aux Etats.
Reportage vidéo ici.
Source : universcience.tv
L'objectif : protéger la biodiversité de la planète en un lieu retiré et protégé. Le GCDT est financé par les Nations Unies, la Banque Mondiale et le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale.
Le lieu est une cave couloir de 100 mètres de long, à 120 mètres de profondeur dans les montagnes du Spitzberg : moins -5°C en moyenne annuelle, 2500 habitants, 3000 ours.
Potentiel : 4,5 millions d'échantillons, le double d'espèces connues actuellement. Au printemps 2011, plus de 645 000 échantillons étaient déposés par presque tous les pays de la planète.
Question : combien de temps peut tenir une graine ? Tous les cinq au cours des cent prochaines années des prélèvements permettront de voir si les graines germent.
Les graines sont déposées par les Etats, propriétaire des droits sur les gènes des essences naturelles ou les compagnies qui détiennent les droits sur les graines modifiées. Ainsi dans le cadre de la convention sur la biodiversité, si l'on veut exploiter des végétaux commercialement, on doit payer des droits aux Etats.
Reportage vidéo ici.
Source : universcience.tv
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lundi 2 mai 2011
La physique quantique selon Alexandre Astier
J’ai découvert par hasard cette conférence d’Alexandre Astier sur la physique quantique. C’est brillant.
Ce type a pour moi la production la plus intelligente de tous les humoristes. Peut-être parce qu’il ne cherche pas à faire rire. Me paraît plus un tragédien, angoissé, pour qui l’humour est une élégance de style. L’évolution de Kaamelott en est, selon moi, une belle illustration.
Sa conclusion est magnifique :
« Je finirai par répondre à Blaise Pascal qui disait que le silence éternel des espaces infinis l’effrayait, en lui répondant et bien que c’est exactement l’éternité de l’espace qui a permis la complexité moléculaire dont nous sommes faits. Nous sommes les enfants des silences éternels des espaces infinis. Voilà Blaise Pascal ça c’est pour ton petit cul. »
En trois parties (total : 15 min.) :
Ce type a pour moi la production la plus intelligente de tous les humoristes. Peut-être parce qu’il ne cherche pas à faire rire. Me paraît plus un tragédien, angoissé, pour qui l’humour est une élégance de style. L’évolution de Kaamelott en est, selon moi, une belle illustration.
Sa conclusion est magnifique :
« Je finirai par répondre à Blaise Pascal qui disait que le silence éternel des espaces infinis l’effrayait, en lui répondant et bien que c’est exactement l’éternité de l’espace qui a permis la complexité moléculaire dont nous sommes faits. Nous sommes les enfants des silences éternels des espaces infinis. Voilà Blaise Pascal ça c’est pour ton petit cul. »
En trois parties (total : 15 min.) :
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mardi 29 mars 2011
De l'effet de la grammaire sur la culture de gouvernement
Hypothèse stimulante proposée par Jean-Louis Bourlanges dans l'émission l'Esprit Public de Philippe Meyer.
Le débat portait sur les positions respectives de la France et de l'Allemagne au sujet de la résolution de l'ONU sur la Lybie.
Il décrivait deux postures...
- La France qui commence par agir en cherchant après quels objectifs précis atteindre en fonction de l'impact de l'action.
- L'Allemagne qui ne commence à agir que lorsque les objectifs visés ont parfaitement clairs et précis.
...et suggérait que les structures des deux langues illustraient ces deux façons de penser :
- La phrase classique en Français est structurée ainsi : sujet, verbe, compléments de toutes sortes. Soit : un acteur (sujet), qui pose un geste (verbe), puis précise la portée de son geste (compléments). Il peut ainsi commencer à agir avant de connaître la finalité. Nous commençons tous des phrases en Français sans savoir où nous voulons aller.
- L'Allemand par sa structure lorsqu'il s'agit de parler du futur : sujet, compléments, verbe, oblige à penser et dire précisément sur quoi on va agir (compléments) avant de dire ce que l'on va faire (verbe).
Le "câblage" du cerveau est fortement conditionné par les stimulations qu'il reçoit. L'idée que la structure de la langue a un impact sur la façon dont nous pensons, pas simplement pour des questions instrumentales (du type : il n'existe pas de mot pour décrire le phénomène), mais plus fondamentalement pour des questions procédurales (dues à la neurologie) est séduisante et cohérente avec des choses lues en ce moment (ex. Nicholas Carr, "what the Internet is doing to our brain").
Le débat portait sur les positions respectives de la France et de l'Allemagne au sujet de la résolution de l'ONU sur la Lybie.
Il décrivait deux postures...
- La France qui commence par agir en cherchant après quels objectifs précis atteindre en fonction de l'impact de l'action.
- L'Allemagne qui ne commence à agir que lorsque les objectifs visés ont parfaitement clairs et précis.
...et suggérait que les structures des deux langues illustraient ces deux façons de penser :
- La phrase classique en Français est structurée ainsi : sujet, verbe, compléments de toutes sortes. Soit : un acteur (sujet), qui pose un geste (verbe), puis précise la portée de son geste (compléments). Il peut ainsi commencer à agir avant de connaître la finalité. Nous commençons tous des phrases en Français sans savoir où nous voulons aller.
- L'Allemand par sa structure lorsqu'il s'agit de parler du futur : sujet, compléments, verbe, oblige à penser et dire précisément sur quoi on va agir (compléments) avant de dire ce que l'on va faire (verbe).
Le "câblage" du cerveau est fortement conditionné par les stimulations qu'il reçoit. L'idée que la structure de la langue a un impact sur la façon dont nous pensons, pas simplement pour des questions instrumentales (du type : il n'existe pas de mot pour décrire le phénomène), mais plus fondamentalement pour des questions procédurales (dues à la neurologie) est séduisante et cohérente avec des choses lues en ce moment (ex. Nicholas Carr, "what the Internet is doing to our brain").
lundi 28 mars 2011
Magie
Suggestion pour un père (ou un grand père) qui veut impressionner ses enfants ou petits enfants (et se faire engueuler par sa blonde parce qu'il a inondé la cuisine).
Par un geste de "soulèvement rotatif" d'un verre on peut faire tenir une masse d'eau en place.



Explications ici
Par un geste de "soulèvement rotatif" d'un verre on peut faire tenir une masse d'eau en place.



Explications ici
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samedi 26 mars 2011
Technoscience et démocratie
Excellent échange dans l’émission Répliques de France Culture entre Alain Finkelkraut, Etienne Klein et Olivier Rey.
Ca part doucement : nanotechnologies, qu’est-ce et quels usages. Pas passionnant.
Et puis le vrai sujet : le rapport techno-science et démocratie.
Je résume ce que j’en retiens :
La notion même de démocratie est mise en péril par l’avancement technoscientifique. Aujourd’hui hormis quelques experts, les citoyens ne sont plus capables de comprendre les avancées scientifiques. Les nanotechnologies en sont un exemple, comme la biotechnologie ou le nucléaire. Et ce n’est pas qu’un problème d’éducation. La science actuelle manipule des choses à un niveau qui échappe à l’expérience de la réalité.
La prise de position repose plus sur la profession de foi ou l’idéologie que sur la rationalité ou l’expérience. Le citoyen doit décider sans pouvoir se créer une représentation de ce sur quoi il doit décider. En ces matières le citoyen est influencé par l’émotion, et la confiance qu’il a dans des personnages médiatiques qui portent des messages. Un référendum sur le nucléaire est-il par exemple pertinent ? Par un étrange effet, la science qui souhaitait nous sortir de la croyance, replonge la grande majorité dans la profession de foi.
Les avancées scientifiques et techniques posent des questions fondamentales sur ce qu’est l’humanité, et des limites que l’on doit se donner, par exemple dans le génie génétique. Hors la question se pose de la capacité de la démocratie à se fixer des limites : du fait de son aversion pour la souffrance, pour la fatalité, etc.
Une vaste littérature souligne le risque totalitaire de la technique. J’ai toujours eu du mal avec cette perspective fantasmatique. Telle qu’elle est posée dans cette discussion me paraît beaucoup plus intéressante et réelle : le progrès technoscientifique met à mal le principe démocratique. Si nous voulons rester collectivement maîtres de notre avenir qui sera de plus en plus lié à la technique il nous faudra questionner nos modes de décisions démocratiques sur ce sujet. Ce ne sera pas un simple problème d’éducation considérant que le véritable défi est que la science actuelle ne travaille pas sur des sujets accessibles à l’expérience humaine.
Ca va pas être facile.
A écouter, c’est ici (40 min.).
Ca part doucement : nanotechnologies, qu’est-ce et quels usages. Pas passionnant.
Et puis le vrai sujet : le rapport techno-science et démocratie.
Je résume ce que j’en retiens :
La notion même de démocratie est mise en péril par l’avancement technoscientifique. Aujourd’hui hormis quelques experts, les citoyens ne sont plus capables de comprendre les avancées scientifiques. Les nanotechnologies en sont un exemple, comme la biotechnologie ou le nucléaire. Et ce n’est pas qu’un problème d’éducation. La science actuelle manipule des choses à un niveau qui échappe à l’expérience de la réalité.
La prise de position repose plus sur la profession de foi ou l’idéologie que sur la rationalité ou l’expérience. Le citoyen doit décider sans pouvoir se créer une représentation de ce sur quoi il doit décider. En ces matières le citoyen est influencé par l’émotion, et la confiance qu’il a dans des personnages médiatiques qui portent des messages. Un référendum sur le nucléaire est-il par exemple pertinent ? Par un étrange effet, la science qui souhaitait nous sortir de la croyance, replonge la grande majorité dans la profession de foi.
Les avancées scientifiques et techniques posent des questions fondamentales sur ce qu’est l’humanité, et des limites que l’on doit se donner, par exemple dans le génie génétique. Hors la question se pose de la capacité de la démocratie à se fixer des limites : du fait de son aversion pour la souffrance, pour la fatalité, etc.
Une vaste littérature souligne le risque totalitaire de la technique. J’ai toujours eu du mal avec cette perspective fantasmatique. Telle qu’elle est posée dans cette discussion me paraît beaucoup plus intéressante et réelle : le progrès technoscientifique met à mal le principe démocratique. Si nous voulons rester collectivement maîtres de notre avenir qui sera de plus en plus lié à la technique il nous faudra questionner nos modes de décisions démocratiques sur ce sujet. Ce ne sera pas un simple problème d’éducation considérant que le véritable défi est que la science actuelle ne travaille pas sur des sujets accessibles à l’expérience humaine.
Ca va pas être facile.
A écouter, c’est ici (40 min.).
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lundi 21 février 2011
Visite guidée du dedans d'un mammouth

Khroma est mort il y a plus de 50 000 ans (le carbone 14 renonce à le dater). On ne sait trop comment. Il a le dos brisé, la face grignotée par les renards. Il était tout tout jeune, encore nourri par sa mère.
Khroma est le plus ancien mammouth retrouvé congelé dans un état de conservation interne exceptionnel.
Ce reportage de 10 min. suit les scientifiques dans leurs travaux : un scanner, puis la dissection du corps, avant de soigneusement le recoudre. C'est passionnant. Si vous n'avez jamais vu l'estomac gonflé de lait d'un bébé mammouth, ou sa bouse en préparation dans ses intestins, fraîchement sortie de plus de 50 000 ans de congélation, c'est par là.
Et puis les scientifiques ont l'air sorti des aventures d'Adèle Blansec : exaltés, euphoriques et un humour qui n'appartient qu'à eux.
Pour le reportage de 10 min., c'est là.
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mercredi 8 décembre 2010
Tesla vs. Edison
Dans "Les éclairs" de Jean Echenoz :
Deux nouveaux mots :
- abstrus : adj., abscons, difficile à comprendre.
- blandice : nom fém., souvent utilisé au pluriel, flatteries.
Une histoire incroyable de rivalité industrielle :
Edison est l'inventeur (entre autre) du courant continu. La société qu'il avait fondé : General Electrics avait commencé à équiper quelques maisons autour de la première centrale et rêvait d'un monopole, lorsque Nikola Tesla immigré Croate mit au point le courant alternatif qui permettait de dépasser les limites de la technologie d'Edison : en particulier le fait qu'il était impossible de transporter le courant sur de longues distances, et que les câbles chauffant sous l'effet d'un courant à faible tension, avaient des comportement pyromanes.
Tesla se fait financer par Westinghouse pour développer le courant alternatif et conquérir l'Amérique. Edison perçoit la menace, il se lance alors dans une campagne d'anti-marketing particulièrement aussi innovante que peu morale. Son axe : démontrer le danger du courant alternatif.
Pendant des mois, dans les rues, des démonstrateurs attachent des chiens et des chats sur des paillasses et les électrocutent, enjoignant la foule horrifiée de refuser l'installation du courant alternatif de Tesla et Westinghouse.
Cela ne suffit pas, l'étape suivante est l'électrocution de Topsy, éléphante arthritique et ombrageuse du Luna Park de Coney Island. Elle a tué trois dompteurs, il faut l'euthanasier. Edison en profite, il voit l'opportunité. Et pour donner un écho maximal à cette mise en scène, il exploite une autre de ses innovations : le cinéma. La bête est électrocutée avec une dynamo Westinghouse devant l'oeil trouble d'une caméra. Dans un grand jaillissement de fumée blanche, digne d'une locomotive à vapeur, l'éléphante s'effondre. Le film existe, il est ci-dessous.
Mais ces démonstrations grand-guignolesques ne suffisent pas à convaincre les décideurs qui mesurent les atouts du courant alternatif. Edison joue alors son va-tout. Pour effrayer la populace, point d'autre solution que de tuer un homme. William Kellner qui a tué sa femme à coups de hache est un condamné à mort qui attend sa sentence. Edison fait fonctionner ses contacts et convainc qu'une électrocution serait plus humaine qu'une pendaison. Un arbre est abattu dans la cours de la prison, grossièrement débité et une chaise est construite. Deux électrodes, deux éponges et quelques sangles, le condamné est assis sur la première chaise électrique munie d'une dynamo Westinghouse acheté clandestinement.
La première tentative, 1000 volts, sept secondes, échoue. L'homme est brûlé, hurle, ainsi manifeste qu'il est toujours vivant. Echenoz décrit ainsi les effets de la seconde tentative, 2000 volts, une minute :
"Se répand très vite alors une forte odeur de chair grillée cependant que de longues étincelles jaillissent des membres de Kemmler, sa sueur abondante se transforme progressivement en sang, une épaisse colonne de fumée commence à s'élever de sa tête et ses yeux tentent avec succès de s'échapper de leurs orbites jusqu'à ce que, certifié par un médecin légiste, son décès ne soit plus douteux." (Echenoz, "Des éclairs", p. 50)
Premier constat : Edison s'était trompé. Le courant alternatif s'est imposé, ainsi que la chaise électrique.
Deuxième constat : La chaise électrique est fruit du marketing.
Deux nouveaux mots :
- abstrus : adj., abscons, difficile à comprendre.
- blandice : nom fém., souvent utilisé au pluriel, flatteries.
Une histoire incroyable de rivalité industrielle :
Edison est l'inventeur (entre autre) du courant continu. La société qu'il avait fondé : General Electrics avait commencé à équiper quelques maisons autour de la première centrale et rêvait d'un monopole, lorsque Nikola Tesla immigré Croate mit au point le courant alternatif qui permettait de dépasser les limites de la technologie d'Edison : en particulier le fait qu'il était impossible de transporter le courant sur de longues distances, et que les câbles chauffant sous l'effet d'un courant à faible tension, avaient des comportement pyromanes.
Tesla se fait financer par Westinghouse pour développer le courant alternatif et conquérir l'Amérique. Edison perçoit la menace, il se lance alors dans une campagne d'anti-marketing particulièrement aussi innovante que peu morale. Son axe : démontrer le danger du courant alternatif.
Pendant des mois, dans les rues, des démonstrateurs attachent des chiens et des chats sur des paillasses et les électrocutent, enjoignant la foule horrifiée de refuser l'installation du courant alternatif de Tesla et Westinghouse.
Cela ne suffit pas, l'étape suivante est l'électrocution de Topsy, éléphante arthritique et ombrageuse du Luna Park de Coney Island. Elle a tué trois dompteurs, il faut l'euthanasier. Edison en profite, il voit l'opportunité. Et pour donner un écho maximal à cette mise en scène, il exploite une autre de ses innovations : le cinéma. La bête est électrocutée avec une dynamo Westinghouse devant l'oeil trouble d'une caméra. Dans un grand jaillissement de fumée blanche, digne d'une locomotive à vapeur, l'éléphante s'effondre. Le film existe, il est ci-dessous.
Mais ces démonstrations grand-guignolesques ne suffisent pas à convaincre les décideurs qui mesurent les atouts du courant alternatif. Edison joue alors son va-tout. Pour effrayer la populace, point d'autre solution que de tuer un homme. William Kellner qui a tué sa femme à coups de hache est un condamné à mort qui attend sa sentence. Edison fait fonctionner ses contacts et convainc qu'une électrocution serait plus humaine qu'une pendaison. Un arbre est abattu dans la cours de la prison, grossièrement débité et une chaise est construite. Deux électrodes, deux éponges et quelques sangles, le condamné est assis sur la première chaise électrique munie d'une dynamo Westinghouse acheté clandestinement.
La première tentative, 1000 volts, sept secondes, échoue. L'homme est brûlé, hurle, ainsi manifeste qu'il est toujours vivant. Echenoz décrit ainsi les effets de la seconde tentative, 2000 volts, une minute :
"Se répand très vite alors une forte odeur de chair grillée cependant que de longues étincelles jaillissent des membres de Kemmler, sa sueur abondante se transforme progressivement en sang, une épaisse colonne de fumée commence à s'élever de sa tête et ses yeux tentent avec succès de s'échapper de leurs orbites jusqu'à ce que, certifié par un médecin légiste, son décès ne soit plus douteux." (Echenoz, "Des éclairs", p. 50)
Premier constat : Edison s'était trompé. Le courant alternatif s'est imposé, ainsi que la chaise électrique.
Deuxième constat : La chaise électrique est fruit du marketing.
mercredi 1 décembre 2010
jeudi 25 novembre 2010
La mer c'est dégueulasse, les poissons baisent dedans (Renaud)
David Gallo, est directeur de communication du Woods Hole Oceanographic Institution. Lors d'une conférence TED il nous invite à plonger dans la mer. Fascinant.
Les trois premières minutes nous entraînent au plus profond des océans, quand il n'y a plus de lumière. La où la bioluminescence est un moyen pour se protéger ou attirer des proies. Les formes qu'ils ont réussi à filmer sont d'une beauté plastique incroyable. Selon lui, nous ne connaissons que 3% de ce qui vit dans les océans. Lorsque les scientifiques ont plongé dans des endroits qu'ils pensaient déserts, ils ont constaté une biodiversité plus grande que celle d'une forêt tropicale.
Plus proche de la surface, les céphalopodes.
Les capacités de camouflage des pieuvres laissent toujours sans voix. Selon le biologiste les animaux observent et s'adaptent aux couleurs et aux textures de leur environnement. Dans une séquence on voit une pieuvre transformée en rocher qui avance au rythme des mouvements des vagues et du soleil, jamais plus vite, de telle sorte que son mouvement est à peine perceptible.
Visionnez jusqu'au bout (la présentation dure 5 min.), le dernier exemple est le plus étonnant que j'ai jamais vu.
Une partie du film montre deux calmars mâles en plein combat, à grands coups de culs. Pour s'impressionner, ils choisissent une tenue de combat chamarrée L'un des deux est pourtant plus intelligent que l'autre. Coloré du côté de l'adversaire, il reste blanc comme neige, serein, calme, séduisant du côté des femelles spectatrices.
J'aime la mer. Au dessus les surfeurs, sur la plage les jolies filles.
Pour ceux qui ne comprendraient pas bien l'Anglais, sous-titres disponibles en 23 langues.
Les trois premières minutes nous entraînent au plus profond des océans, quand il n'y a plus de lumière. La où la bioluminescence est un moyen pour se protéger ou attirer des proies. Les formes qu'ils ont réussi à filmer sont d'une beauté plastique incroyable. Selon lui, nous ne connaissons que 3% de ce qui vit dans les océans. Lorsque les scientifiques ont plongé dans des endroits qu'ils pensaient déserts, ils ont constaté une biodiversité plus grande que celle d'une forêt tropicale.
Plus proche de la surface, les céphalopodes.
Les capacités de camouflage des pieuvres laissent toujours sans voix. Selon le biologiste les animaux observent et s'adaptent aux couleurs et aux textures de leur environnement. Dans une séquence on voit une pieuvre transformée en rocher qui avance au rythme des mouvements des vagues et du soleil, jamais plus vite, de telle sorte que son mouvement est à peine perceptible.
Visionnez jusqu'au bout (la présentation dure 5 min.), le dernier exemple est le plus étonnant que j'ai jamais vu.
Une partie du film montre deux calmars mâles en plein combat, à grands coups de culs. Pour s'impressionner, ils choisissent une tenue de combat chamarrée L'un des deux est pourtant plus intelligent que l'autre. Coloré du côté de l'adversaire, il reste blanc comme neige, serein, calme, séduisant du côté des femelles spectatrices.
J'aime la mer. Au dessus les surfeurs, sur la plage les jolies filles.
Pour ceux qui ne comprendraient pas bien l'Anglais, sous-titres disponibles en 23 langues.
lundi 15 novembre 2010
Ca va vite
et je n'ai pas le temps de tout lire.
Le site internet de vidéos YouTube a annoncé que 35 heures de vidéo sont mises en ligne chaque minute, soit deux fois plus qu’il y a deux ans.
Dans les 50 ans qui ont suivi l’invention de l’imprimerie, il s’est produit en Occident autant de livres quand dans les 1000 ans précédents. (Source : Nicholas Carr, «What Internet is doing to our brains»)
Il a paru 8 titres de livres chaque heure en France en 2008, soit 76205 ouvrages édités, dont environ 50% de nouveautés
«Nous créons maintenant cinq exaoctets d'informations tous les deux jours, autant qu'il en avait été créé entre le début du monde et 2003», citation d'Éric Schmidt, CEO de Google (4 août 2010, conférence Techonomy)
Deux des trois plus puissants superordinateurs de la planète sont Chinois. Le premier, Tianhe-1A (voie lactée) dispose d'une capacité de 2,507 pétaflops (péta = 10 exposant 15), l'équivalent de 2,5 millions de milliards d'opérations par seconde. Il peut être utilisé dans de nombreux domaines, de la recherche médicale à la météorologie. (Pour comparaison, un PC cadencé à 1ghz a une capacité de 1 gigaflop).
Le site internet de vidéos YouTube a annoncé que 35 heures de vidéo sont mises en ligne chaque minute, soit deux fois plus qu’il y a deux ans.
Dans les 50 ans qui ont suivi l’invention de l’imprimerie, il s’est produit en Occident autant de livres quand dans les 1000 ans précédents. (Source : Nicholas Carr, «What Internet is doing to our brains»)
Il a paru 8 titres de livres chaque heure en France en 2008, soit 76205 ouvrages édités, dont environ 50% de nouveautés
«Nous créons maintenant cinq exaoctets d'informations tous les deux jours, autant qu'il en avait été créé entre le début du monde et 2003», citation d'Éric Schmidt, CEO de Google (4 août 2010, conférence Techonomy)
Deux des trois plus puissants superordinateurs de la planète sont Chinois. Le premier, Tianhe-1A (voie lactée) dispose d'une capacité de 2,507 pétaflops (péta = 10 exposant 15), l'équivalent de 2,5 millions de milliards d'opérations par seconde. Il peut être utilisé dans de nombreux domaines, de la recherche médicale à la météorologie. (Pour comparaison, un PC cadencé à 1ghz a une capacité de 1 gigaflop).
samedi 13 novembre 2010
Le lapement du chat
Les chats n'utilisent pas leur langue comme une cuillère pour boire. Ils créent un mouvement de piston qui soulève une colonne d'eau dont ils se saisissent avec leurs mâchoires avant qu'elle ne retombe. Il fallait une recherche avec des caméras haute vitesse pour le constater. C'est fait. Images :
Le chat, ce lapeur sans reproche
Le chat, ce lapeur sans reproche
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Conscience sans science n'est que con
vendredi 24 septembre 2010
Le syndrome du survivant
Un tableau, un stylo, huit minutes, le paléoanthropologue Pascal Picq nous explique le destin de l'homme de Néandertal.
Comment nous nous sommes côtoyés pendant des centaines de milliers d'années, partageant le même niveau culturel. Lui au Nord de la Méditerranée, nous au Sud. Et puis, comment l'infrastructure sociale et technique supérieure du Sapiens lui a permis petit à petit de remonter au Nord, colonisant les territoires du Néandertal, les exploitant avec une plus grande efficacité.
Picq raconte comment des groupes de Néandertaliens se sont réfugiés dans les montagnes partout en Europe, petit à petit s'éteignant. Et je me suis dit : un jour est mort le dernier Néandertalien, quelque part en Europe. Etait-il seul ?
Fut une période où cohabitaient sur la Terre trois ou quatre espèces d'hommes, commerçant plus ou moins, mais ne pouvant pas se reproduire entre eux. Seul Sapiens a survécu. Peut-être nous sentons nous seuls, sans nos frères. Peut-être avons-nous quelque part au fond de notre inconscient une culpabilité d'espèce.
Pascal Picq, cet homme est un vrai conteur.
C'est beau la science, c'est fascinant un prof.
Comment nous nous sommes côtoyés pendant des centaines de milliers d'années, partageant le même niveau culturel. Lui au Nord de la Méditerranée, nous au Sud. Et puis, comment l'infrastructure sociale et technique supérieure du Sapiens lui a permis petit à petit de remonter au Nord, colonisant les territoires du Néandertal, les exploitant avec une plus grande efficacité.
Picq raconte comment des groupes de Néandertaliens se sont réfugiés dans les montagnes partout en Europe, petit à petit s'éteignant. Et je me suis dit : un jour est mort le dernier Néandertalien, quelque part en Europe. Etait-il seul ?
Fut une période où cohabitaient sur la Terre trois ou quatre espèces d'hommes, commerçant plus ou moins, mais ne pouvant pas se reproduire entre eux. Seul Sapiens a survécu. Peut-être nous sentons nous seuls, sans nos frères. Peut-être avons-nous quelque part au fond de notre inconscient une culpabilité d'espèce.
Pascal Picq, cet homme est un vrai conteur.
C'est beau la science, c'est fascinant un prof.
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mardi 14 septembre 2010
Voyeurisme scientifique
Spike Walker est un professeur à la retraite. Dans son garage équipé d'un microscope et d'un appareil photo, il explore l'inépuisable créativité des formes du micromonde.
Ma préférée : l'accouchement d'une puce d'eau. Pensée émue pour la bestiole qui a donné la vie, écrapoute entre deux lamelles de microscope.

Pour une série de magnifiques photos c'est ici.
Une vidéo de l'homme au travail, ici.
Et une trouvaille d'Isabelle Lopez qui poursuit sur le même thème : des microbes en peluche. Ci-dessous Clostridium perfringens, plus connu sous le nom de gangrène.
Ma préférée : l'accouchement d'une puce d'eau. Pensée émue pour la bestiole qui a donné la vie, écrapoute entre deux lamelles de microscope.

Pour une série de magnifiques photos c'est ici.
Une vidéo de l'homme au travail, ici.
Et une trouvaille d'Isabelle Lopez qui poursuit sur le même thème : des microbes en peluche. Ci-dessous Clostridium perfringens, plus connu sous le nom de gangrène.
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vendredi 23 juillet 2010
Des chiffres et des lettres
Discussion de soirée avec un doctorant en mathématiques. Travaille en recherche fondamentale sur les théories des nombres. N’en ai pas compris beaucoup plus. Deux des réflexions de ce chercheur plongé dans la pureté de la science m’ont marquées.
La première était son regret, partagé selon lui dans sa communauté, de voir la beauté théorique des modèles développés en mathématiques fondamentales, réutilisée par des industriels pour des applications commerciales (il donnait des exemples précis). Il y a certes le précédent des travaux d’Einstein utilisés pour la bombe atomique. Mais alors à quoi peut bien servir la recherche ? Pour lui à comprendre le monde. Premier regret de l’existence de la réalité.
La seconde est très drôle. Il constatait que la base 60 était d’un point de vue mathématique bien meilleure que la base 10. Selon lui, en base 60, les mathématiques se seraient développées beaucoup plus vite. Il finit cependant par concéder : « Il y a un problème, nous n’avons que dix doigts, on peut pas compter sur ses doigts en base 60 ». Second regret de l’existence de la réalité.
Pour ce jeune mathématicien, brillant, sa discipline est un espace de recherche de la perfection théorique, tellement déconnecté de la réalité qu’elle est en dangereuse pour la santé mentale de ses chercheurs. De son point de vue, les génies de son domaine sont des fous, comme on peut le voir dans « un homme d’exception » adapté de la vie de Nash.
Pour entretenir sa santé mentale, lui prend des cours de philosophie et voyage.
La première était son regret, partagé selon lui dans sa communauté, de voir la beauté théorique des modèles développés en mathématiques fondamentales, réutilisée par des industriels pour des applications commerciales (il donnait des exemples précis). Il y a certes le précédent des travaux d’Einstein utilisés pour la bombe atomique. Mais alors à quoi peut bien servir la recherche ? Pour lui à comprendre le monde. Premier regret de l’existence de la réalité.
La seconde est très drôle. Il constatait que la base 60 était d’un point de vue mathématique bien meilleure que la base 10. Selon lui, en base 60, les mathématiques se seraient développées beaucoup plus vite. Il finit cependant par concéder : « Il y a un problème, nous n’avons que dix doigts, on peut pas compter sur ses doigts en base 60 ». Second regret de l’existence de la réalité.
Pour ce jeune mathématicien, brillant, sa discipline est un espace de recherche de la perfection théorique, tellement déconnecté de la réalité qu’elle est en dangereuse pour la santé mentale de ses chercheurs. De son point de vue, les génies de son domaine sont des fous, comme on peut le voir dans « un homme d’exception » adapté de la vie de Nash.
Pour entretenir sa santé mentale, lui prend des cours de philosophie et voyage.
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lundi 12 juillet 2010
La tragédie du Hindenburg
Le 6 mai 1937, une équipe de reporters armés d’une camera est à Lakehurst pour filmer l’arrivée du Hindenburg, plus grand dirigeable jamais construit. 246,7 mètres de long, il atteint une vitesse maximale de 135 km par heure. Mais c’est à 85 km que ses quatre moteurs diesel Daimler Benz transportent entre 50 et 72 passagers au dessus de l’Atlantique Nord. C’est une date anniversaire, un an auparavant le dirigeable réalisait sa première traversée de l’Atlantique.
Fierté du constructeur Zeppelin, il est exploité par une compagnie mixte réunissant Zeppelin et le ministère de l’aéronautique du gouvernement nazi. Ses premiers vols, dix-huit mois auparavant assuraient d’ailleurs la propagande du pouvoir. Il servit ainsi lors de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques de 1936.
Sa première traversée de l’Atlantique date du 6 mai 1936, un vol de 61,5 heures. Au cours de son exploitation commerciale, il réalisera 63 voyages entre l’Allemagne et les Etats-Unis ou le Brésil. Jusqu’à cette date anniversaire fatale.
L’embrasement du dirigeable, sa destruction terrifiante en quelques secondes a profondément marqué les esprits. Elle a été fatale au développement de l’industrie du plus léger que l’air, victime d’un buzz médiatique. En effet l’accident a été commenté en direct et diffusé quelques heures plus tard sur les ondes radio de WLS à Chicago. C’est aussi la première catastrophe filmée. On image l’effet de la diffusion de ce reportage sur les populations massées dans les cinémas. La voix du journaliste continue de glacer le sang.
Que s’est-il passé ce jour là ?
Une bombe incendiaire a été retrouvée dans la carcasse du géant. Certains officiers vivaient mal la main mise du régime nazi sur la merveilleuse machine. Une action spectaculaire était prévue. Pourtant il semblerait que la cause de l’incendie soit un orage électrique. Des étincelles violettes ont été aperçues au dessus du ballon. Alors erreur de conception ?
Non. Le ballon avait été conçu pour fonctionner à l’hélium, un gaz non inflammable. Les ingénieurs n’avaient donc pas utilisé de matériaux ignifugés. Pire, pour alléger la structure, ils avaient privilégié des vernis nitrocellulosiques, particulièrement inflammables, les mêmes qui entraient dans la composition des bobines de cinémas et ont assuré la flambée de multiples cinémas en quelques secondes (comme on peut le voir dans Inglorious Bastards).
Mais du fait de l’embargo américain sur l’exportation de l’hélium, les Allemands durent se rabattre sur l’hydrogène, plus facile et moins cher à produire. Avec des enduits prévus pour des ballons à hydrogène, le Hindenburg aurait mis plusieurs heures à se consumer.
Cet accident a profondément marqué l’opinion publique. L’industrie du dirigeable est tombée en hibernation. La technologie présente pourtant des avantages uniques pour déplacer des charges très lourdes ou accéder à des zones escarpées, si bien qu’aujourd’hui plusieurs projets sont menés pour rebâtir ces géants paisibles des altitudes. Les spécialistes avouent que beaucoup de connaissance a été perdu depuis ces années bénies de l’avant-guerre. Ils doivent retrouver ces savoir évanouis, ce qu’ils appellent joliment de la rétro-innovation.
Fierté du constructeur Zeppelin, il est exploité par une compagnie mixte réunissant Zeppelin et le ministère de l’aéronautique du gouvernement nazi. Ses premiers vols, dix-huit mois auparavant assuraient d’ailleurs la propagande du pouvoir. Il servit ainsi lors de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques de 1936.
Sa première traversée de l’Atlantique date du 6 mai 1936, un vol de 61,5 heures. Au cours de son exploitation commerciale, il réalisera 63 voyages entre l’Allemagne et les Etats-Unis ou le Brésil. Jusqu’à cette date anniversaire fatale.
L’embrasement du dirigeable, sa destruction terrifiante en quelques secondes a profondément marqué les esprits. Elle a été fatale au développement de l’industrie du plus léger que l’air, victime d’un buzz médiatique. En effet l’accident a été commenté en direct et diffusé quelques heures plus tard sur les ondes radio de WLS à Chicago. C’est aussi la première catastrophe filmée. On image l’effet de la diffusion de ce reportage sur les populations massées dans les cinémas. La voix du journaliste continue de glacer le sang.
Que s’est-il passé ce jour là ?
Une bombe incendiaire a été retrouvée dans la carcasse du géant. Certains officiers vivaient mal la main mise du régime nazi sur la merveilleuse machine. Une action spectaculaire était prévue. Pourtant il semblerait que la cause de l’incendie soit un orage électrique. Des étincelles violettes ont été aperçues au dessus du ballon. Alors erreur de conception ?
Non. Le ballon avait été conçu pour fonctionner à l’hélium, un gaz non inflammable. Les ingénieurs n’avaient donc pas utilisé de matériaux ignifugés. Pire, pour alléger la structure, ils avaient privilégié des vernis nitrocellulosiques, particulièrement inflammables, les mêmes qui entraient dans la composition des bobines de cinémas et ont assuré la flambée de multiples cinémas en quelques secondes (comme on peut le voir dans Inglorious Bastards).
Mais du fait de l’embargo américain sur l’exportation de l’hélium, les Allemands durent se rabattre sur l’hydrogène, plus facile et moins cher à produire. Avec des enduits prévus pour des ballons à hydrogène, le Hindenburg aurait mis plusieurs heures à se consumer.
Cet accident a profondément marqué l’opinion publique. L’industrie du dirigeable est tombée en hibernation. La technologie présente pourtant des avantages uniques pour déplacer des charges très lourdes ou accéder à des zones escarpées, si bien qu’aujourd’hui plusieurs projets sont menés pour rebâtir ces géants paisibles des altitudes. Les spécialistes avouent que beaucoup de connaissance a été perdu depuis ces années bénies de l’avant-guerre. Ils doivent retrouver ces savoir évanouis, ce qu’ils appellent joliment de la rétro-innovation.
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samedi 10 juillet 2010
Souriez pour la photo
Moment de rêverie.
Une photo de l'univers !

Sur son site, l'ESA (European Space Agency) explique :
"La mission ne se contente pas d’apporter un nouvel éclairage sur la façon dont les étoiles et les galaxies se sont formées, mais nous indique également comment l’Univers lui-même s’est créé après le Big Bang.
Le disque principal de notre galaxie s’étire au centre de l’image. Ce qui frappe immédiatement, ce sont les filaments de poussière froide présents au dessus et en dessous de la Voie lactée. Cette toile galactique abrite le lieu de formation des étoiles et Planck a décelé de nombreuses zones où des étoiles sont sur le point de naître ou entament tout juste leur cycle de développement.
Moins spectaculaire mais peut-être plus énigmatique, l’aspect moucheté de l’arrière-plan, en haut et en bas de l’image. Il s’agit du rayonnement de fond cosmologique hyperfréquence (CMBR), la plus ancienne lumière émise par l’Univers, issue de la grande explosion d’où notre Univers a émergé il y a 13,7 milliards d’années."
Je ne comprends pas tout. Malgré l'image je n'arrive pas à me faire de représentation mentale de ce dont on parle.
Et je suis de moins en moins sûr de retrouver mon iPhone dans ce fatras.
Une photo de l'univers !

Sur son site, l'ESA (European Space Agency) explique :
"La mission ne se contente pas d’apporter un nouvel éclairage sur la façon dont les étoiles et les galaxies se sont formées, mais nous indique également comment l’Univers lui-même s’est créé après le Big Bang.
Le disque principal de notre galaxie s’étire au centre de l’image. Ce qui frappe immédiatement, ce sont les filaments de poussière froide présents au dessus et en dessous de la Voie lactée. Cette toile galactique abrite le lieu de formation des étoiles et Planck a décelé de nombreuses zones où des étoiles sont sur le point de naître ou entament tout juste leur cycle de développement.
Moins spectaculaire mais peut-être plus énigmatique, l’aspect moucheté de l’arrière-plan, en haut et en bas de l’image. Il s’agit du rayonnement de fond cosmologique hyperfréquence (CMBR), la plus ancienne lumière émise par l’Univers, issue de la grande explosion d’où notre Univers a émergé il y a 13,7 milliards d’années."
Je ne comprends pas tout. Malgré l'image je n'arrive pas à me faire de représentation mentale de ce dont on parle.
Et je suis de moins en moins sûr de retrouver mon iPhone dans ce fatras.
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