dimanche 11 juillet 2010

Corée du Nord, coupe du monde 1966

En 1966, la Corée du Nord se qualifie pour la première fois à la coupe du monde de football qui se joue en Angleterre. Pour la première fois une équipe asiatique accédait aux phases finales. L’épopée pouvait commencer.

Avant son départ, l’équipe est reçue par Kim Il-sung qui donne pour objectif de bien figurer, gagner quelques matches et rentrer au pays célébrer la félicité nord-coréenne. Il faut dire que vu de Corée du Nord, en pleine guerre froide, le monde est menaçant. Pas faux. L’arrivée en Angleterre est un cauchemar.

Depuis la guerre de Corée, le pays organisateur n’a pas reconnu diplomatiquement la Corée du Nord. Il faut de longues tractations pour que le drapeau puisse être hissé sur les stades. Plus proche du terrain les choses ne sont pas plus simples. L’équipe se heurte à l’hostilité des foules. Le premier match est un désastre. Opposé à l’URSS, le grand frère, la Corée du Nord perd 3-0. Mais les soviétiques font preuve d’une telle violence et les frêles joueurs au maillot rouge d’un tel enthousiasme que le public anglais prend fait et cause pour eux. Il ne les lâchera plus. Le second match contre le Chili finit sur le score de 1 à 1. Vient le troisième, décisif pour la qualification contre la grande Italie (voir le résumé ci-dessous).



Les Italiens misent sur leur talent. Leur jeu individuel se heurte à la discipline coréenne et aux arrêts du gardien. Sur un contre, un milieu de terrain réussit un beau contrôle, piétine sur le ballon, passe, tir, but : Pak Doo-ik ! La partie s’achève à la surprise générale sur ce score. L’Italie est éliminée, retourne au pays, se fait bombarder par un choix de fruits et légumes à son arrivée à l’aéroport. La Corée du Sud sort des poules. Direction Londres, un couvent de jésuites réservé à l’origine pour l’équipe d’Italie. Et là les choses se compliquent encore.

L’environnement n’aide pas à la sérénité de l’équipe. Les joueurs sont hébergés dans des chambres individuelles. Habitués à dormir dans un dortoir sous la responsabilité du capitaine de l’équipe, ils stressent. Et puis cette représentation d’un homme torturé, cloué sur une croix, en majesté dans chacune des chambres, les angoisse. Kim Il-sung avait bien raison de les mettre en garde. Les Jésuites, nourris d’une longue tradition d’accommodements diplomatiquement raisonnables, décrochent les crucifix.

23 juillet. Quarts de finale. Portugal (voir résumé ci-dessous).


Après 25 minutes de jeu, considérable surprise. La Corée du Nord mène 3 – 0. Mis leur jeu collectif se délite. Eusébio, la star portugaise, fait parler son talent. 3 – 5, la Corée est éliminée.
A leur arrivée à Pyongyang, les joueurs sont accueillis en héros par une foule en délire organisé. Mais les voies du Grand Leader sont impénétrables et tous les joueurs à l’exception de Pak Doo-ik finiront au goulag.

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